Jean-Pol Boone est un entrepreneur. Cadre supérieur puis patron à 26 ans. Il crée ensuite la société Outlet Avenue, site de ventes privées en ligne, en 2010. Il développe l’enseigne dans le Benelux puis en France, Roumanie, Thaïlande…

Quatre ans plus tard, sa société est rachetée par un grand groupe avec une belle plus-value à la clé. Jean-Pol devient alors investisseur en intégrant le réseau Be Angels mais reste avant tout un entrepreneur.

Aujourd’hui, Jean-Pol mène 2 projets de front : Inoopa et Koopol, 2 start-ups actives dans le digital, les datas, l’intelligence artificielle, des secteurs où la guerre des talents bat son plein !

Jean-Pol est un témoin privilégié de cette lutte pour attirer les talents sur un marché où la demande pour de tel profil ne cesse de croître.

« Les millenials ont une approche différente de leur job. Il y a un rejet du boss et de l’autorité. Ce ne sont pas des adeptes du « 9 to 5 ». Pour une grande entreprise, ça devient difficile de conserver les jeunes éléments les plus brillants car le salaire ne suffit plus à les retenir, l’argent n’est plus le moteur. »

 

Les enseignements du coopératif

En tant qu’investisseur / entrepreneur, Jean-Pol Boone s’est aussi intéressé aux coopératives « Je m’intéressais à l’économie de la transition et j’ai eu des contacts avec des entrepreneurs de tout type dont des entrepreneurs en coopérative. Il s’agissait pour moi d’un entrepreneuriat plus concret par opposition au côté abstrait du monde digital. J’ai rencontré des gens parfois trop dogmatiques, trop « associatif» au dépens de l’entrepreneurial ». 

Mais l’expérience ouvre aussi les yeux de Jean-Pol sur un autre modèle de fonctionnement dans l’entreprise : « Dans une coopérative, il y a une volonté de « construire avec » et pas d’imposer les choses. C’est une démarche que je qualifie d’humble. Le chef n’a pas la solution à tout, on co-construit, on échange, on collabore, on écoute et on respecte les autres. On ne sait pas toujours où on va mais il y a une volonté très forte d’avancer et de faire avec les gens ».

 

IF … THEN … une coopérative

La connexion se fait alors dans l’esprit de Jean-Pol ! Si la jeune génération a du mal avec le modèle « top-down », avec l’autorité, et qu’elle aspire à une autre forme de travail plus collaboratif… la coopérative ne serait-elle pas une réponse à leurs aspirations professionnelles ?

« Je me suis dit que le coopératif était tout à fait applicable aux métiers de l’innovation !  Avec son modèle plus démocratique, son fonctionnement en co-construction et cette attention à l’autre, la coopérative est une réponse possible aux défis RH posés par la nouvelle génération. »

Jean-Pol a donc décidé de tenter le coup. Au milieu de ces 2 projets, il crée une coopérative avec ses meilleurs profils dans le domaine Data Science & IT. « Ils sont attirés par le réseautage, la collaboration, l’échange intellectuel et surtout par le modèle de fonctionnement plus démocratique. »

Les coopérateurs ont donc au minimum 2 clients, les 2 projets de Jean-Pol, mais à eux de développer le business. « Ils peuvent bosser sur 5 projets à la fois dans des domaines complètements différents. Ils peuvent échanger et collaborer. Le challenge intellectuel et fonctionnel est le meilleur argument de recrutement et il a fait mouche puisque de très beaux profils ont déjà décidé de nous rejoindre. Il n’y a même pas eu de négociation salariale ».

Et le plafonnement des dividendes caractéristiques des coopératives ? « On a décidé de réinvestir tout dans l’innovation et ce sont les coopérateurs qui choisiront les axes de développement ! Il n’y a en effet rien de pire que de s’endormir sur ses dividendes. »

Parole d’entrepreneur !