co-entreprendre

Julien Collard, responsable commercial de la Brasserie de la Lesse, explique comment les coopérateurs prennent part aux décisions.

Quel fut le déclic pour lancer une brasserie artisanale ?

L’aventure a démarré via une bande de copains, dont je ne faisais pas partie au départ. Ces amis ont monté une confrérie dans un village (près de Rochefort, ndlr). En tant qu’amateurs de bières, ils ont créé une bière qui s’est modestement vendue dans les villages aux alentours. Le propriétaire d’une brasserie située à Eprave, près de Rochefort, a proposé à cette bande d’amis de réinvestir dans du matériel. Après réflexion, ces amis ont décidé de lancer leur propre brasserie avec un impératif : développer une forme d’entreprise participative.

Vous avez fondé une coopérative. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce modèle ?

Nous souhaitions développer un modèle qui prenne en compte des facteurs de développement durable, de gestion participative et de circuit court. Nous avons donc proposé à des citoyens de participer à notre projet en achetant une part dans la coopérative au prix de 250 euros. Les parts permettent, en plus d’obtenir un retour sur investissement, de participer à la vie de la brasserie. Chaque coopérateur dispose d’une voix, ce qui offre donc à chaque coopérateur la possibilité de donner son avis. La brasserie compte actuellement 400 coopérateurs.

Comment les coopérateurs peuvent-ils prendre part aux décisions ?

Une fois par an, les coopérateurs sont conviés à une assemblée. Nous leur exposons les projets en cours, les bilans annuels et les perspectives. Ce sont les coopérateurs qui valident le bilan comptable et les décisions du conseil d’administration. Le conseil d’administration, composé de personnes plus impliquées, se réunit tous les deux mois. La brasserie est quant à elle gérée par quatre indépendants, équipe dont je fais partie. Nous sommes en fait mandatés par le conseil d’administration et l’assemblée générale pour faire tourner la brasserie. En somme, les coopérateurs sont nos patrons.

Y a-t-il des projets que vous n’auriez pas pu concrétiser sans l’aide des coopérateurs ?

Absolument. Nous avons récemment déménagé et investi dans du matériel neuf. Le coût total était supérieurs à un million d’euros et les coopérateurs, grâce à leurs parts, ont investi l’équivalent de 300 000 euros. Un coopérateur investit par ce biais son argent ailleurs que sur un compte en banque. Nous avons complété l’investissement par différents apports, dont des aides publiques et les banques. Nous essayons toutefois de limiter l’implication des banques.

Plus de témoignages de coopérateurs sur notre page "paroles de coopérateurs".  Vous pouvez aussi y laisser le vôtre.