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Créée en 2015, la coopérative Coopeos propose aux collectivités d’utiliser une chaudière à bois plutôt qu’au mazout ou au gaz. La facture énergétique diminuerait ainsi de 50% !



Il est fort probable que votre chaudière fonctionne au mazout ou au gaz. Vous ne le saviez sans doute pas mais il existe aussi des chaudières à bois. C’est dans cette optique qu’est née fin 2015 Coopeos, coopérative qui place et entretient des chaudières alimentées avec du bois récolté localement.
 

Tout a démarré lors d’une collaboration entre Frédéric Bourgois, fondateur de Coopeos, et le Moulin de la Hunelle, situé près de Mons. Ce complexe développe entre autres une activité d’entretien de parcs et jardins qui génère chaque année 1500 m3 de déchets verts.

« Frédéric Bourgois, actif depuis de nombreuses années dans le secteur du bois énergie, a tenté de valoriser ces déchets verts », souligne Caroline Lambin, cofondatrice de Coopeos.

« Au départ, ces déchets peuvent être transformés en compost ou être évacués, ce qui coûte entre 30 et 70 euros pour une tonne de déchets. Par ailleurs, le Moulin de la Hunelle développe d’autres activités énergivores, dont une blanchisserie, un restaurant et une menuiserie. Frédéric Bourgois a donc eu l’idée de transformer les déchets verts en copeaux de bois pour alimenter une chaudière à bois. »

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En activité depuis 2017, cette chaudière à bois produit l’équivalent de 150 000 litres de mazout par an… avec les déchets verts de l’activité, donc entièrement gratuits pour le Moulin ! Le succès de ce projet a poussé Coopeos à développer le modèle à destination de collectivités comme les écoles, les hôpitaux et les communes. La brasserie Bertinchamps, qui produit les bières du même nom, a fait appel à Coopeos, tout comme la commune de Nivelles : une chaudière à bois, alimentée avec les déchets verts récoltés par la commune, permet ainsi de chauffer des serres de 2000 mètres carrés !

Les chaudières à bois contribuent à une logique d’économie circulaire

Coopeos n’aurait pas pu voir le jour sans l’appui de plus de 160 coopérateurs, essentiellement des particuliers, qui ont cru au projet en acquérant une part de 250 euros. « Nous avons choisi le modèle de la coopérative car nous avions besoin de capitaux et car nous voulions susciter l’adhésion des particuliers », poursuit Caroline Lambin. « Cette part de 250 euros n’est donc pas un don mais bien un investissement. Les coopérateurs participent ainsi chaque année à l’assemblée générale et recevront des dividendes quand la coopérative sera rentable. »

Grâce au soutien de la Sowecsom et la vente d’obligations entre autres (5000 euros pour 3% de rentabilité), Coopeos et ses sept collaborateurs peuvent envisager sereinement l’avenir.

Mais comment la coopérative atteindra-t-elle sa rentabilité ?

Le grand avantage de la chaudière à bois, c’est son coût : les copeaux ou plaquettes de bois sont deux fois moins chères que le mazout, raison qui pourrait pousser certaines collectivités à franchir le pas. « Précisons toutefois que la chaudière coûte environ 50% de plus qu’une chaudière à gaz et que l’installation des éléments annexes, à l’instar du silo à bois, peut s’avérer relativement couteux », ajuste Caroline Lambin. « Coopeos s’engage toutefois à réduire l’investissement de départ grâce à un système de payement par tranches. » L’avantage de Coopeos tient par ailleurs dans son caractère durable et circulaire : les déchets verts sont ainsi valorisés. « Il existe d’ailleurs en Wallonie une grande source de déchets non valorisés », complète Caroline Lambin. « Je pense aux tailles des arbres effectuées sur les autoroutes et dans les parcs publics. Nous sommes en contact avec des intercommunales afin de construire une filière de gestion des déchets. Ces déchets générés pourraient faire économiser 60 millions de litres de mazout par an, ce qui entrainerait une réduction considérable de l’utilisation des énergies fossiles. »